Des
dizaines de millions d'euros économisés pour un fonctionnement réussi
en adoptant successivement OpenOffice, Firefox,
Thunderbird, puis Linux: la gendarmerie vient de témoigner sur son
passage au logiciel libre, notamment sur le poste de travail. Comme le rapporte Tristan Nitot dans son billet hebdomadaire,
la gendarmerie française participait il y a quelques jours à une
conférence néerlandaise sur l'open source, dans le cadre de Nederland open in verbinding (NOiV, "Les Pays-Bas ouverts dans leur communication",
l'organisme public chargé de la promotion du Libre). A cette occasion,
le lieutenant-colonel Xavier Guimard a présenté l'histoire et les
résultats de la migration de la gendarmerie nationale, une présentation
riche d'enseignements et en ligne en PDF. Cap vers l'indépendance en 2002 Un
cas exemplaire à bien des égards. Le lieutenant-colonel Guimard a
d'abord rappelé ce qu'est la gendarmerie (surveillance de 50% de la
population et de 95% du territoire) et ses chiffres: 105.000
personnels, 85.000 ordinateurs, 1.900 spécialistes des systèmes
d'information et de communication. En 2002, la
gendarmerie opère son grand virage stratégique en faisant le choix du
tout normalisé et de l'indépendance vis-à-vis des éditeurs, avec pour
objectifs l'interopérabilité, une maintenance rationalisée, et "une
sécurité, une performance et une fiabilité optimales". Les choix open
source de la gendarmerie sont justifiés dans ce cadre comme plus
respectueux des normes, ayant un coût de possession très faible à long
terme et permettant une forte indépendance vis-à-vis des intégrateurs. Deux millions d'euros par an d'économie avec OpenOffice Le
cas du poste de travail est un bon exemple: en 2004, la gendarmerie
passe à OpenOffice, en 2005 à Firefox et Thunderbird, de 2002 à 2006
elle remplace "des vieilles applications par des applications web" et
en 2007 c'est "l'indépendance complète vis-à-vis du système
d'exploitation": en janvier, après étude des coûts de migration vers
Vista, expose Xavier Guimard, la gendarmerie choisit de remplacer ses
postes par du Linux/Ubuntu. "L'opération est quasiment transparente
pour les utilisateurs." La migration vers OpenOffice, outre
qu'elle donne des documents normalisés et que le logiciel est
multi-plate-forme, entraîne deux millions d'euros par an d'économie
immédiate. Au passage (loin de l'obsolescence programmée fréquente en
informatique, NDLR), OpenOffice "fonctionne très bien sur des machines
âgées de cinq ans". "La même opération avec Word 2007 aurait coûté plus de 50 millions d'euros." |